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La femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob

  • Photo du rédacteur: Fabienne BF
    Fabienne BF
  • il y a 6 jours
  • 2 min de lecture

Jean Philippe Daguerre, Albin Michel

Et toi, Georges, continue à brasser du pognon. Pendant ce temps, je vais me battre pour empêcher la sortie de ce film.

Il s'agit là d'un roman Ovni à l'image de son titre. Jean-Philippe Daguerre raconte l'histoire rocambolesque d'une femme, Danielle Cravenne, qui le 18 octobre 1973 a détourné le vol Paris-Nice. Pourquoi ce geste ? Qu'est-ce qui a bien pu la mener à cet acte sidérant?

Le même jour doit sortir en salles le film de Gérard Oury avec Louis de Funès, Les aventures de Rabbi Jacob. Mais quel est donc le lien entre les deux histoires?

En fait la pirate de l'air, qui porte des lunettes noires, un manteau Chanel blanc et un petit chien dans les bras - cela ne s'invente pas - est en fait l'épouse de Georges Cravenne, le producteur du film.

Dans ses revendications, elle réclame que soient mises sous scellées les bobines du film tant que la paix ne sera pas faite entre les Arabes et les Israéliens. On est alors en pleine guerre des 6 jours et Danielle Cravenne considére que le film est ultrasionniste et qu'il est impensable de rire de tout au risque d'attiser le brasier.

Son geste sera totalement incompris.

L'originalité de ce roman, outre le fait qu'il s'empare d'une affaire que tout le monde a oubliée, est de retracer le destin extraordinairement tragique de cette jeune femme qui ne savait pas comment faire entendre sa voix.

La construction du livre est ingénieuse, la parole est successivement donnée à Danielle mais aussi à son époux Georges, Gérard Oury, Louis de Funès, Charles le fils de Georges Cravenne et beau-fils très attaché à sa belle mère.

C'est une histoire extravagante, un véritable scénario de film et pourtant tout est vrai.

Sous-jacent, Jean-Philippe Daguerre dresse un tableau des années Pompidou, d'une société française sur la voie de la mutation mais où la politique reste une affaire très masculine.

Je me suis prise d'affection pour cette jeune femme impulsive, extravagante qui, finalement, s'ennuyait dans un monde où on ne lui concédait que le droit d'élever ses enfants et d'organiser les dîners de son mari. Un mari aimant mais soucieux que son épouse reste dans son rôle et, surtout, ne se mêle pas de politique. Une scène assez croustillante oppose Raymond Marcellin, le ministre de l'Intérieur de Pompidou, à Danielle Cravenne, et si cela s'est vraiment déroulé ainsi, chapeau Madame !

Un seul regret, la brièveté de ce roman. J'aurais aimé aller plus loin dans les coulisses de cette affaire et de ce film aujourd'hui devenu culte.


 
 
 

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